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miércoles, 5 de noviembre de 2014

LA LEYENDA DEL ALA










" Cuando Isabel oye cantar al ruiseñor, sabe que el pájaro tiene una necesidad infinita de volar
y de amar más allá de sus alas".
La legende de l'aile ou Marie-Elisabeth
FRANCIS JAMMES

martes, 11 de marzo de 2014

J'AIME L'ÂNE SI DOUX














J'aime l'âne si doux
marchant le long des houx.
Il a peur des abeilles
et bouge ses oreilles.
Il va près des fossés
d'un petit pas cassé.
Il réfléchit toujours
ses yeux sont de velours.
Il reste à l'étable
fatigué, misérable.
Il a tant travaillé
que ça vous fait pitié.
L'âne n'a pas eu d'orge
car le maître est trop pauvre.
Il a sucé la corde
puis a dormi dans l'ombre.
Il est l'âne si doux
marchant le long des houx....

Francis Jammes

jueves, 28 de noviembre de 2013

J' AIME L'ÂNE



J'AIME L'ÂNE

J’aime l’âne si doux
Marchant le long des houx.
     
Il prend garde aux abeilles
Et bouge ses oreilles ;

Et il porte les pauvres
Et des sacs remplis d’orge.
   
Il va près des fossés,
D’un petit pas cassé.
       
Mon amie le croit bête
Parce qu’il est poète.
     
Il réfléchit toujours.
Ses yeux sont en velours
   
Jeune fille au doux cœur,
Tu n’as pas sa douceur :
   
Car il est devant Dieu
L’âne doux du ciel bleu.
 
Et il reste à l’étable,
Résigné, misérable,

       
Ayant bien fatigué
Ses pauvres petits pieds.
   
Il a fait son devoir
Du matin jusqu’au soir.
   
Qu’as-tu fait jeune fille ?
Tu as tiré l’aiguille…

Mais l’âne s’est blessé :
La mouche l’a piqué.
       
Il a tant travaillé
Que ça vous fait pitié.
         
Qu’as-tu mangé petite ?
- T’as mangé des cerises.
             
  L’âne n’a pas eu d’orge,
Car le maître est trop pauvre.
       
Il a sucé la corde,
Puis a dormi dans l’ombre…
               
La corde de ton cœur
N’a pas cette douceur.

 
Il est l’âne si doux
Marchant le long des houx.
 
J’ai le cœur ulcéré :
Ce mot-là te plairait.
 
Dis-moi donc, ma chérie,
Si je pleure ou je ris ?
           
Va trouver le vieil âne,
Et dis-lui que mon âme
           
Est sur les grands chemins,
Comme lui le matin.

Demande-lui, chérie,
Si je pleure ou je ris ?
     
Je doute qu’il réponde :
Il marchera dans l’ombre,
   
Crevé par la douceur,
Sur le chemin en fleurs.

FRANCIS JAMMES